Yahia Belaskri auteur associé à Tu Connais la nouvelle ?

L'association "Tu connais la nouvelle ?" accueille de novembre 2019 à avril 2020, l'écrivain français d'origine algérienne Yahia Belaskri, autour d'un questionnement partagé "Comment traduire la brutalité du monde ?". Yahia Belaskri partage son temps entre l'écriture de son roman en cours Le silence des Dieux et rencontres avec le public orléanais. 

un projet de roman : Le silence des Dieux

D’Augustin l’évêque de Bône (aujourd’hui Annaba en Algérie) qui affirmait que « rien de ce qui est humain ne m’est étranger » à Albert Camus qui écrivait à un soldat allemand « vous savez que nous sommes ennemis (…) et malgré vous-mêmes, je vous garderai le nom d'homme », en passant par l’Emir Abd el-Kader, résistant contre la colonisation française de l’Algérie qui clamait « tout être est mon être », je revendique cet héritage qui mêle des influences diverses, africaine, berbère, méditerranéenne, où se croisent judéité, chrétienté et islam. Et au-delà ce sont les poètes qui sont ma patrie.

Écrivain, je suis traversé par ces héritages qui mettent l’Homme au centre et affirment la présence de l’autre en soi.

Dans mon cheminement d’écrivain, je n’ai de cesse de m’interroger sur la condition de l’homme pris dans les rets de l’Histoire. Mes ouvrages précédents, romans, nouvelles, essais et contributions s’en sont fait l’écho à travers des histoires de femmes et d’hommes broyés par les enjeux politiques.

Dans ce texte intitulé provisoirement Le silence des Dieux, j’entreprends d’écrire l’histoire d’un village fermé, coupé du monde extérieur par le fait d’une décision – politique   et comment les habitants survivent, s’inventent (ou pas). 

Nulle indication de temps et d’espace, on sait seulement qu'il s'agit d'une oasis où résident des gens de peu, qui se trouvent du jour au lendemain confrontés à l’absence, au manque, à l’isolement.

Au fil du temps, se tissent les fils d’une trame infernale où la religion et les croyances les plus rétrogrades font office de refuge. Les êtres se déchaînent dans une cruauté infinie en même temps que se font jour des îlots de beauté. 

Il s’agit pour moi d’évoquer une société complètement tournée sur elle-même, en proie aux délires les plus archaïques et où la haine de l’autre – le voisin immédiat et non pas l’étranger qui viendrait de loin    efface toute humanité.

Yahia Belaskri 

Des conférences, rencontres et ateliers dans l’agglomération orléanaise

À travers son œuvre, Yahia Belaskri questionne la peur et le repli sur soi qu’elle engendre, mais écrit aussi pour traquer la beauté dans les replis de l’obscurité. Le thème dominant de cette résidence sera celui de la présence de l’autre en soi. 

En s’associant à Yahia Belaskri, l'association "Tu connais la nouvelle ?" souhaite aborder ce thème via la littérature et notamment, la littérature algérienne.

De novembre 2019 à avril 2020, seront donc organisées :

  • Des conférences sur la littérature algérienne, proposant diverses approches, afin de s’adapter aux publics et d’apporter différents éclairage : sur le contexte historique, sur les écrivains et poètes arabes (d’origine ou de cœur, comme par exemple Albert Camus), la culture méditerranéenne et sa résonnance dans l’actualité d’aujourd’hui.
    Ces conférences seront enrichies de lectures en français et en arabe de textes de Yahia Belaskri.
  • Des ateliers d’écriture ou d’expression, sous formes d’intervention très variées, notamment auprès de publics allophones, faisant participer l’écrit et l’oral, les langues et les cultures et élargissant ainsi le champ de l’expression, de l’écoute et du partage.