Thomas Giraud : enquête fictionnelle sur les pas de Balzac, Alain-Fournier, Marguerite Audoux et Michèle Desbordes

En 2021, l’auteur Thomas Giraud parcourra la région Centre-Val de Loire au cours de séjours dans des lieux associés à quatre figures du patrimoine littéraire : le Musée Balzac – Château de Saché (37), le Musée Marguerite Audoux à Sainte-Montaine (18), la Maison-école du Grand Meaulnes et la maison natale d’Alain-Fournier (18), ainsi que l'association des amis de Michèle Desbordes (45). Ces courtes résidences lui permettront d’appréhender les lieux et de créer des textes, qui seront diffusés sur ce site, et restitués lors de soirées publiques de restitution à proximité de ces différents lieux. Une résidence itinérante soutenue par le réseau régional de maisons d’écrivain Écrivains au Centre et Ciclic-Centre Val de Loire.

Pénétrer l'esprit du lieu, trouver des coïncidences, ou en créer

Après le Labo « In extremis » de Pierre Senges en 2016 autour de six maisons d’écrivain du territoire, et les « séjours d’auteurs » entre 2015 et 2017, le réseau régional des maisons d’écrivain de Centre-Val de Loire Écrivains au Centre et Ciclic-Centre Val de Loire ont souhaité poursuivre, à travers une nouvelle proposition, le dialogue entre création littéraire contemporaine et ces lieux dédiés à la mémoire d’écrivain de notre patrimoine. Le choix s’est porté cette fois-ci sur Thomas Giraud, dont les romans aux éditions La Contre Allée mêlent à chaque fois biographies fictionnées (la jeunesse du penseur Élisée Reclus, le musicien américain Jackson C. Franck, le fouriériste Considerant), et géographies sensibles. À partir des différentes figures littéraires et lieux qui appartiennent au réseau Écrivains au centre, Thomas Giraud en a choisi trois à explorer, afin de produire trois textes, qui seront diffusés et présentés au public lors de restitutions.

« Avec ces trois textes, autour de trois figures différentes de la littérature, Alain-Fournier, Audoux, Balzac, je souhaite m’approcher, deviner ou seulement imaginer les liens entre chacun et un lieu où ils ont pu vivre, travailler, un lieu qu’ils n’ont fait que traverser mais qui aurait laissé chez eux une empreinte ou à l’inverse qui serait, aujourd’hui, marqué par leur présence. L’idée serait de faire le pari que ce lieu, ce que l’on y voit, ce que l’on y entend, ce que l’on présume, l’écoulement d’une rivière, le pli d’un coteau ou quelques arbres, la couleur des ciels à cet endroit, l’odeur des saisons, quelque chose dans le goût de l’air, la forme des maisons autour, une maison en particulier, le dessin des parquets, a pu déclencher chez eux certaines émotions, certaines pratiques (la marche, une appétence pour le dehors, ou au contraire une vie repliée ou ailleurs), certaines attentions à l’espace domestique ou à l’extérieur. Ce lieu, son esprit, s’inscrit peut-être de manière invisible dans leur processus d’écriture, peut-être y trouverais-je des coïncidences ou en créerais-je un peu à la façon de Sebald.

Il ne s’agira pas, bien entendu, d’une enquête historique. Même si, comme dans l’ensemble des textes que j’ai pu écrire, j’aime faire précéder et accompagner l’écriture de recherches documentaires, c’est seulement pour y trouver dans les vies des uns et des autres des détails qui tout à coup paraissent précieux, possiblement même explicatifs, mais dans une perspective très subjective ; j’aimerais que ces textes soient l’occasion, au moins en filigrane, de la formulation de certaines hypothèses plausibles sur le rapport des uns et des autres avec le lieu et l’écriture. »  

[Thomas Giraud]