Stéphane Lambert en résidence au Domaine national de Chambord

Le Domaine national de Chambord accueille du 4 octobre au 30 décembre 2021 l'écrivain Stéphane Lambert. Lors de sa résidence, il poursuivra l’écriture de son ouvrage sur Rembrandt qui s'intitulera L'Ombre de Rembrandt, à paraître aux éditions Arléa. Durant ces trois mois, le romancier, poète et essayiste proposera également plusieurs projets culturels qui se dérouleront sur la Communauté de communes du Grand Chambord. Une résidence soutenue par Ciclic Centre-Val de Loire.

La résidence de Stéphane Lambert à Chambord permettra à un écrivain dont l’œuvre est étroitement liée aux arts visuels de séjourner dans un monument qui est lui-même comme une gigantesque sculpture, informé par une esthétique renaissante puissamment signifiante. Un monument dont les propositions culturelles se situent d’ailleurs dans la lignée de ce foisonnement artistique majeur. 

Son projet d'écriture 

Rembrandt est pour moi la figure la plus fascinante de l’histoire de l’art occidental. Son œuvre illustre comme nulle autre les différents aspects de la création. La confrontation aux questionnements essentiels y a trouvé une forme d’expression d’une puissance poétique vertigineuse. Notamment par le biais de cette « couleur brune » dont il recouvrait le décor des scènes et portraits qu’il peignait. Ces ténèbres dont il enveloppe son sujet renvoient à l’intériorité dont son regard est parti et à l’indétermination de notre présence en ce monde, comme si le dehors était un dedans exprimé, matérialisé. Si cette formalisation de l’invisible est perceptible dans ses œuvres de commande, Rembrandt a développé une œuvre parallèle à ses activités commerciales, qui ne répondait à rien d’autre qu’à son obsession de saisir par son art l’énigme de l’être. Son exceptionnel travail sur l’autoportrait en est un exemple saisissant.

Par son exploration de la « matière noire » du vivant, Rembrandt se situe dans la lignée des éclaireurs de l’ombre, qui remonte à l’art pariétal. Comme ces premiers sondeurs de l’inconnu, le grand artiste hollandais porte dans son geste créateur la mémoire de l’humanité, l’interpellation des « dieux » mutiques qui se cachent derrière le chant de l’univers. La profondeur de la nuit est le vivier de son imaginaire.

Les lieux où j’écris interagissent avec l’écriture et le contenu de mes textes. Ainsi en a-t-il été pour les précédents ouvrages que j’ai consacrés à des artistes. Un voyage est toujours à l’origine de leur dynamique et de leur composition. Pour approcher Rembrandt, j’ai fréquenté de nombreuses collections où ses œuvres sont conservées afin d’emmagasiner un maximum de données qui nourriront mon texte.

La perspective de l’écrire dans un lieu aussi « chargé » que Chambord me stimule et m’enchante, car les différents aspects qui rendent ce lieu mythique entrent en complète résonance avec le sujet Rembrandt : l’origine mystérieuse de sa fondation, la plongée dans un passé pluriséculaire, le dialogue de la culture avec les forces naturelles… Les grandes œuvres naissent d’un même esprit, qu’il s’agisse de celles d’un peintre ou d’une architecture anonyme. Ecrire à Chambord va forcément imprégner mon texte. Par le pouvoir des mots, les figures et les ombres qui peuplent ces deux imaginaires vont se rencontrer et guider mon écriture.

[Stéphane Lambert]

Actions de diffusion et sensibilisation :
  • Une rencontre lecture en bibliothèque / médiathèque du Secteur (Mont-près Chambord ou Saint Laurent Nouan)
  • Projet d’atelier d’écriture sur la durée de la résidence dans un milieu clos (peut-être la clinique de Saumery)
  • Projet d’atelier d’écriture avec une classe autour d’un atelier d’artiste (en cours)
Plus d'informations à venir ! 

© Anne Bourguignon

Romancier, poète et essayiste, Stéphane Lambert est né à Bruxelles en 1974. Son travail littéraire est marqué par une volonté de dépasser la classification des genres et des formes, préoccupation qui l’a fait se rapprocher des arts plastiques. Dans un cycle romanesque initié avec Les couleurs de la nuit (2010), il interroge la notion d’intériorité dans le chaos du monde contemporain. La question de l’intime est également au cœur d’un cycle autobiographique (Mes morts, 2007 ; Mon corps mis à nu, 2013). Interpellé par le processus de création, il a consacré différents livres à des artistes (Monet, Rothko, Nicolas de Staël, Goya, Léon Spilliaert, Caspar David Friedrich) et à des écrivains (Beckett, Melville, Hawthorne), pour lesquels il a obtenu le prix Roland de Jouvenel de l’Académie Française en 2017 et le prix André Malraux en 2019. Ses textes poétiques sont directement inspirés d’œuvres artistiques : Chapelle du rien (2014), Art Poems (2018) et Ecriture première (2020). Parallèlement à ses livres, il écrit des fictions radiophoniques sur des créateurs (Staël, Monet, Spilliaert, Melville, Goya) et des documentaires de création pour France Culture. Il a co-écrit l’ouvrage Dans le désordre (2011 - prix du Meilleur livre sur le théâtre) avec le metteur en scène Claude Régy. Il a publié de nombreux textes en revue, catalogue et ouvrage collectif.

BIBLIOGRAPHIE

Romans, récits
Fraternelle mélancolie, Arléa, 2018.
Charlot aime Monsieur, suivi de Ensemble, Simone et Jean sont entrés dans la rivière et de Mes Morts, Espace Nord, 2015.
Paris Nécropole, L'Âge d'homme, 2014.
Mon corps mis à nu, Les Impressions nouvelles, 2013.
Les Couleurs de la nuit, éditions de la Différence, 2010.
L'Homme de marbre, éditions Luc Pire, 2008.
Filiations, éditions Labor, 2006.
Une histoire d’amour
, édition Luc Pire, 2002. 

Ecrits sur l’art
Paul Klee jusqu’au fond de l’avenir, Arléa, 2021
Tout est paysage, L’Atelier contemporain, 2021.
« Être moi, toujours plus fort ». Les paysages intérieurs de Léon Spilliaert, Arléa-Poche, 2020.
Visions de Goya. L’éclat dans le désastre, Arléa, 2019. Prix André Malraux.
Avant Godot, Arléa, 2016. Prix Roland de Jouvenel de l'Académie Française, 2017.
Monet, impressions de l'étang, Arléa-Poche, 2016.
Nicolas de Staël, le vertige et la foi, Arléa, 2014. Arléa-Poche, 2015.
Mark Rothko. Rêver de ne pas être, Les Impressions nouvelles, 2011. Arléa-Poche, 2014.

L'Adieu au paysage, Les Nymphéas de Claude Monet, éditions de la Différence, 2008. 

Poésie
Ecriture première, La Lettre volée, 2020.
Art Poems
, La Lettre volée, 2018.
Chapelle du rien, L'Arbre à paroles, 2014.
Le Jardin, le séisme, La Lettre volée, 2013.
Le Sexe et la main, L'Arbre à paroles, 2009.


Domaine national de Chambord
L'établissement public qui a en charge la gestion, la valorisation et la préservation et l'exploitation du domaine de la forêt du château et du village de Chambord.
Le domaine national de Chambord à créé en 2010 une résidence d'artiste au second étage du château, affirmant ainsi sa volonté de soutien à la création contemporaines, De nombreux artistes plasticiens, compositeurs,
photographes, musiciens, chorégraphes, vidéastes et écrivains ont ainsi pu bénéficier de cet endroit unique et inspirant pour poursuivre leur travail. Ces résidences sont également l'occasion de rencontres et d'échanges avec les habitants et les publics scolaires du territoire rural qui jouxte le monument.
 
Contact :
Domaine national de Chambord

Château de Chambord 41250 Chambord
tél. 02 54 50 40 00


Un projet soutenu par Ciclic grâce au dispositif résidences d'auteur.