Publié le 25/01/2017

Récit(s) de la 9e édition des mille lectures d'hiver

Depuis neuf ans en région Centre-Val de Loire, les comédiens-lecteurs des mille lectures d’hiver donnent à entendre la littérature d'aujourd'hui, auprès de centaines de petits groupes d'une vingtaine de personnes. Au fil des éditions, ils ont rendu compte de ces rencontres, de la perception de l'œuvre lue et de l'accueil du projet. Nous avons demandé à Aurélie Tronchet, rédactrice et traductrice, d'éditorialiser les "carnets de route" d'une saison de mille lectures d'hiver. Nous vous invitons aujourd'hui à découvrir cette épopée millelecturesque ponctuée des [paroles originales des lecteurs]. Cette publication est la première d'une série que vous retrouverez sur ce site de façon régulière.

Visualiser un point de départ qui serait la littérature, plus précisément, un texte moderne d’un auteur vivant, un texte qu’on ne connaît pas forcément, qu’on n’attend pas. De ce point partirait une ligne dont le mouvement serait dessiné par le lecteur itinérant, un comédien ou une comédienne de la compagnie des Mille lectures d’hiver. Cette ligne voyage vers un autre point qui l’accueille, lui ou elle, vous, nous et d’autres points attirés par ce mouvement de présentation d’un objet littéraire inconnu.

De cette rencontre, des ondes se propagent, tels les ronds dans l’eau, s’agrandissent, touchent d’autres points, initient en rayonnement de nouvelles lignes.

Chaque année, les comédiens-lecteurs des mille lectures d'hiver sillonnent la région. Chaque fois qu'ils se posent avec leur texte, ce sont de nouveaux récits humains qui s'écrivent. Ceux en chair et en souffle, regards et voix, de ces rencontres entre amoureux de la littérature. Ceux en mots et en souvenirs restitués dans les carnets de route des comédiens.


[C’est toujours un peu bizarre d’écrire sans savoir à qui on s’adresse. Qui va me lire ? Seront-ils nombreux ? Vais-je avoir des retours ou non ?]

Se représenter un fourmillement de points, la richesse de la littérature moderne.

Se souvenir d’un voyage fait d’un chorus de voix, d’une galerie de visages, d’un amoncellement de lieux dans lesquels résonnent, portés par le lecteur, les textes nus.

[C’est toujours très particulier pour moi, la première lecture de la saison.] [Le livre !] [J’ai cherché un moment ce petit hameau. Il faisait beau, c’était doux de rouler tranquillement au milieu des champs.]

[J’ai été accueillie avec beaucoup de charme et de douceur.] [L’hôtesse m’a invitée à déjeuner avec elle.] [J. est une personnalité incontournable. Elle entreprend, met en relation, propose...] [C’est avec la famille réunie que s’organise la lecture.] [Salle des fêtes, petit village dans la campagne, sensation d’être au milieu de nulle part.] [Ils avaient apporté un tapis, une lampe, de multiples tissus pour personnaliser la salle.] [J’ai l’impression d’être chez moi ou du moins dans un endroit apaisant et rêvé.]

[Tout le monde attend la lecture.]

[On ne peut imaginer avant ce qui va plaire et c’est très bien.][Je suis présente et c’est tout. J’oublie les doutes et les questions.] [Beaucoup de réactions sonores pendant la lecture.] [L’auditoire fut très concentré, un silence rare, une écoute rare.] [C’est une lecture que je ne suspends pas.]

[Nous remarquons avec A. qui est musicienne que le silence qui suit la lecture de l’auteur, est encore de l’auteur, comme pour Mozart !] [Face à un public aussi sincère, la discussion fut belle.] [Une des invités me demande de venir lire la suite chez elle. Nous rions.] [L’apparition d’un presque lycéen qui nous rejoint au moment du repas, sans dire un mot, mais se promène parmi nous avec un gros livre bien visible sous le bras.]

[Le repas est raffiné comme le public.] [Pour me remercier, ils m’offrent du vin qu’ils font mettre en bouteille.] [« J’étais partie avec vous ! Faudra que vous reveniez nous lire des histoires ! »] [« Les livres sont faits pour voyager ! » dit C.] [Cerise sur le gâteau : une auditrice s’inscrit à la bibliothèque.] [Ensuite, le son joyeux et entraînant de l’accordéon d’une invitée.] [Le lendemain matin, après un copieux petit déjeuner, D. me propose une promenade le long de la rivière qui passe derrière chez eux. Les deux labradors nous accompagnent.]

[L’histoire simple d’un beau moment de convivialité.]