Exposition Étienne Davodeau "Le goût des gens"

Du 7 juillet au 17 octobre 2015 à Blois

La maison de la BD de Blois vous propose de venir découvrir une rétrospective de l’œuvre d’Étienne Davodeau

Né en 1965, dans les Mauges, entre Angers et Cholet, Étienne Davodeau passe son enfance à griffonner. Plus tard, son diplôme des Beaux-Arts en poche, le jeune homme s’oriente naturellement vers la bande dessinée. Après Les Amis de Saltiel, sorte de galop d’essai proposé dans la fugace collection «Génération Dargaud», il signe Le Constat, qu’il considère comme son premier véritable ouvrage personnel. Une œuvre fondatrice dans laquelle pointe déjà cette volonté de mettre en scène des personnages complexes, ambivalents, avec leurs doutes et leurs faiblesses. Un peu comme dans la « vraie » vie... la souplesse narrative en plus. Suivent divers récits à taille humaine comme Le Réflexe de survie, Quelques jours avec un menteur ou Chute de vélo, parus chez Delcourt et Dupuis.

Entre deux livres en solo, Étienne s’offre quelques récréations aux côtés de Joub (Max et Zoé ; Geronimo) et de David Prudhomme (La Tour des miracles, d’après Georges Brassens).
Dans le registre fictionnel, Davodeau imagine le poignant Lulu femme nue, un diptyque édité par Futuropolis, adapté au cinéma par Solveig Anspach et interprété par Karin Viard. En 2013, Futuropolis et le Musée du Louvre coproduisent son loufoque Chien qui louche.
Étienne Davodeau pratique également une BD de terrain, de reportage. « J’aime réaliser mes livres à partir de sensations ou d’expériences directement issues de ma réalité. »
Sa réalité, il la puise souvent dans sa région natale, signant chez Delcourt l’étonnant Rural ! —  sous-titré « Chronique d’une collision politique » et préfacé par José Bové —, puis Les Mauvaises Gens, mettant en scène ses propres parents, Marie-Jo et Maurice, des ouvriers aux racines catholiques, militant pour s’émanciper d’un patronat paternaliste. Continuant dans cette veine « documentaire », il s’associe avec le scénariste Kris sur Un homme est mort, paru chez Futuropolis. Toujours pour cet éditeur, devenu de fait son label attitré, il sort Les Ignorants. Récit d’une initiation croisée. Étienne, dessinateur, et Richard, vigneron, partagent leurs passions respectives, échangent leurs savoirs.
À la rentrée 2014, La Revue dessinée pré-publie Mort d’un juge, une enquête sur l’assassinat du juge Renaud en 1975, sur fond de règlement politique, qu’il assure avec Benoît Collombat, grand reporter de France Inter spécialisé dans l’investigation. De cette collaboration naîtront bientôt d’autres chapitres sur les « eaux troubles de la Ve République ». L’ensemble fera l’objet d’un album édité par Futuropolis sous le titre Cher pays de notre enfance, en octobre 2015.
Pudique et sensible, Étienne Davodeau continue d’inscrire le monde réel au cœur de son travail et de transmettre à ses lecteurs son « goût des gens ».