Publié le 26/04/2017

Nicole Caligaris auteur associé à la scène de musiques actuelles Le Petit Faucheux - Tours (37)

Le Petit Faucheux accueille d'octobre 2016 à juin 2017 Nicole Caligaris, autour d'un projet d'écritures improvisées entre la scène et un livre-cd.

Le projet d’interventions et rencontres
Le projet de résidence consiste à nourrir une présence littéraire dans le lieu dédié aux musiques improvisées, présence en dialogue avec la musique autour de deux axes : la production de textes littéraires à partir de l’écoute de concerts de la programmation, une sorte d’écoute poétique ou de poésie de l’écoute ; et l’élaboration du livre que l’auteure souhaite écrire au cours de cette résidence à partir de moments d’improvisation.

Plusieurs actions sont prévues permettant à l’auteure à la fois d’observer (les 5 concerts de musique improvisée de la saison 2016-2017 de la salle, et une mise en contact avec les musiciens associés, Jozef Dumoulin, Sébastien Boisseau), d’expérimenter (lors d'un concert de lecture improvisé en duo avec un musicien, Andy Emler, ou Jozef Dumoulin...), de collecter (des mots des musiciens comme du public, ressentis de pratique et d'expérience), d’écrire (pour le web et pour un livre-cd à paraître), de partager (diffusion par plusieurs canaux dédiés à la musique, des textes de l'auteure).

Le projet de création de Nicole Caligaris : un « récit picaresque »
Ce projet se place, pour Nicole Caligaris, avant tout sous le signe de l'inattendu. Il s'agit pour elle, passionnée de musiques improvisées, auteure de quelques formes d'écriture improvisée sur scène, seule ou avec des musiciens comme Jean-François Pauvros, de « travailler, par l'écriture, la préparation d'un récit à la fois suffisamment construit pour fournir une trame aux expériences d'improvisation, à la fois suffisamment ouvert pour permettre de lui intégrer les parties développées, de façon autonome, au cours de ces improvisations en compagnie de musiciens dont le jeu, bien entendu, provoquera, détournera, perturbera le récit. 

Il doit déboucher sur un livre qui se nourrira de ces improvisations, via une réécriture — non pas « une transcription de ce qui aura été donné sur scène, mais un nouveau travail d'écriture, à partir de la trace laissée dans ma mémoire par le récit créé à l'oral, récit second qui s'écartera du récit donné en public. C'est pourquoi le livre produit de la sorte devrait s'accompagner du CD compilant les enregistrements des improvisations, restituant au lecteur la tentative originelle et la présence des musiciens, de leur musique. »

En parallèle, elle envisage de produire une forme de « recueil d'écoutes », recomposition après captations, des mots et paroles des publics et musiciens passés au Petit Faucheux, qui sera publié sur le site du lieu et dans la revue en ligne Epistrophy.

Nicole Caligaris : à tous les temps de l'étonnement
par Guénaël Boutouillet

Cette alliance entre improvisation sonore et littérature, si elle est en soi singulière, étonnante a priori, l'est d'autant plus quand on appréhende qu'elle programme d'en tirer une œuvre « picaresque ». Fiction en prose, donc, et non poème sonore, comme on est plus "accoutumé" à le voir dans ce type de mariage. Proposition inattendue que celle-ci.

Mais c'est là un aspect notable de l'art de Caligaris : sa façon de produire un étonnement a priori, qui, loin de se simplifier à l'approfondissement, se mue en étonnement a posteriori, un étonnement second, du temps long. Son œuvre, lisible, ni jargonnante ni absconse, produit une lumière noire (celle aussi de son lien au genre fantastique, qui lui est cher), inquiétante et durable, chez son lecteur.

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