Publié le 12/05/2016

Enquête interrégionale sur les revenus connexes des auteurs du livre - FILL

La situation économique des auteurs a donné lieu au cours de l’année 2015 à plusieurs enquêtes menées par les pouvoirs publics (ministère de la Culture et de la Communication, Centre national du livre). C’est dans ce contexte que 12 des structures régionales pour le livre, membres de la Fill, ont souhaité apporter un éclairage complémentaire à cette question par l’étude des activités connexes des auteurs en région.

Le CRL Bourgogne, Livre et lecture en Bretagne, Ciclic Centre-Val de Loire, le CRL en Limousin, Languedoc-Roussillon livre et lecture, le CRL Lorraine, le CRL Midi-Pyrénées, le CRLL Nord-Pas de Calais,le CRL Basse-Normandie, l’ARL Haute-Normandie, l’ARL Provence-Alpes-Côte d’Azur, et l’Arald Rhône-Alpes ont contribué à cette enquête.

Méthodologie de l’enquête
Entre le 9 décembre 2015 et le 15 janvier 2016, 1549 personnes, sur les 3 394 auteurs du livre (écrivains, illustrateurs, traducteurs) répertoriés dans 12 régions, ont répondu à un questionnaire en ligne portant sur leurs revenus et leurs pratiques au cours des années 2013 et 2014.

Les résultats sont analysés par Emmanuel Négrier (Cepel-CNRS-Université de Montpellier) dans le rapport intituléRetours à la marge, à télécharger ci-dessous.

Caractéristiques de l’échantillon

  • Hommes : 58 % – Femmes : 42 %
  • Âge moyen : 52 ans.
  • Nombre moyen d’ouvrages publiés : 17
  • Affiliés au régime de sécurité sociale des artistes auteurs : 38 %
    dont affiliés Agessa : 30% – affiliés MDA : 8%
  • 11 % des répondants n’exercent aucune autre activité professionnelle – 60 % exercent une autre profession – 29% sont retraités.
  • 20 % déclarent un revenu global annuel sous le seuil de pauvreté – 48 % ont un
    revenu global annuel inférieur à 25 000 €.

Principales conclusions

  • Une large majorité d’auteurs (95%) présents dans l’espace public dans le cadre d’activités connexes très diversifiées : 80 % des répondants exercent des activités connexes qui se situent dans au moins deux des quatre types d’activités identifiés dans l’étude (autour de l’œuvre / de l’auteur / de la transmission / de la création).
  • L’affiliation au régime de sécurité sociale des artistes auteurs est nettement corrélée avec l’engagement dans ces pratiques et avec leur rémunération.
  • Une forte mobilité interrégionale : l’étude confirme la décentralisation de la vie littéraire à travers une forte mobilité interrégionale des auteurs : c’est dans d’autres régions que l’on se rend lorsqu’on sort de son territoire, Paris et l’Île-de-France n’étant cités qu’en troisième position, y compris par les auteurs affiliés.
  • Une rémunération encore trop peu fréquente et une méconnaissance des modes de rémunération par les opérateurs : la difficulté à se faire rémunérer croît avec la probabilité d’être dans un rapport de rémunération. Les affiliés concentrent un haut niveau de difficulté, sans doute parce qu’ils expriment leurs exigences de rémunération avec plus de régularité et de force que les non affiliés. Ils le font dans des situations où la méconnaissance des pratiques et des outils légaux par les opérateurs reste importante.
  • Une nécessaire reconnaissance des activités connexes : le développement des activités connexes est loin d’assurer un niveau de revenu suffisant pour des auteurs dont le revenu global demeure, pour la grande majorité d’entre eux, limité. Compte tenu de la modestie des ressources des auteurs, il y a lieu de travailler à la reconnaissance de ces activités connexes, au sens politique, comme au sens plus particulier de leur mode de rémunération.

 

Cette étude est disponible sur demande auprès de Ciclic.