Nathanaël Gobenceaux
"Géo(-)graphies"

Une  résidence numérique

Livre au Centre devenu aujourd'hui Ciclic a inauguré sa première résidence d’auteur numérique en 2012.
C’est à cette adresse : http://geographiesaucentre.wordpress.com que vous pouvez découvrir le blog où a résidé Nathanaël Gobenceaux.

Cette invitation lancée à un auteur constitue une association et un accueil : toute résidence est une présence, et une résidence numérique se doit de l’être également. Mais là où une résidence “physique” se partage, généralement, entre temps laissé à l’auteur pour des travaux d’écriture et temps donné par l’auteur pour des actions destinées au “public”, ici c’est la plateforme qui devient l’endroit d’où partent et arrivent les choses.

En effet, le blog est à la fois le lieu d’accueil de l’auteur (là où il “fait son nid”, s’installe, aménage, choisit le mobilier : ici il choisit son thème, sa police de caractère, définit son rubriquage, sa politique éditoriale), le lieu de création (là où il écrit), le lieu d’inscription (là où sont publiés les signes et traces de la résidence), le lieu des rencontres et des échanges : à cet effet, voir l’invitation faite par Nathanaël Gobenceaux à écrire.

Nathanaël Gobenceaux

Qui est cet auteur ? Découvrez-le par cette belle présentation hyperliée sur le blog

…entre moi & moi-même…
…il y a le monde…
(…)
(…) il y a l’espace des études d’architecture & de géographie (…) il y a l’espace de la littérature (…) d’abord Kenneth White & sa  Géopoétique (…) puis Taine & Suarès & Giono & leurs voyages en Italie (…) puis z’encore/surtout Michel Butor & sa géographie en expansion (…) du coup on m’a demandé 2 ou 3 petits trucs (…) ça, ça & ça, par exemple (…) j’ai envoyé quelques textes à des revues aussi / Remue.net / La Revue des Ressources / D’ici là / Luxiotte (…) en parallèle, j’ai développé quelques petites affaires géographiques perso (…) AUTO-GÉO-GRAPHIE-S (…) Les lignes du monde (…) Notes&parses (…) et quelques petites affaires toujours perso mais moins géo (…) du Balzac – bien obligé, comme je travaille à Saché (…) des Moumounes – bien obligé, comme j’ai 2 chats et demi (…)

Cette introduction originale est exemplaire de ce qu’est l’invention littéraire numérique pour un auteur – une fabrique de langue renouvelée, amplifiée par la possibilité de l’hypertexte ; une publication immédiate rendant possible, voire nécessaire, une forme d’engagement, de signature auctoriale.

Pour le dire autrement, de plus académique façon : Nathanël Gobenceaux est un jeune auteur, basé en région Centre. Cette implantation n’est pas une condition sine qua non pour ce type de résidence – mais elle joue à plein dans son cas, car, outre de travailler au Musée Balzac de Saché, il revendique un vif intérêt pour le territoire littéraire qu’est la région Centre. Il explorera les relations entre géographie et littérature, “à travers les écrivains ayant établi une relation forte avec la région Centre, les maisons d’écrivains, les lieux d’écritures et les lieux décrits – Les idées géographiques centrales seraient les idées de Génie du lieu et de haut lieu littéraire”. L’Histoire littéraire envisagée dans son rapport aux lieux : chez Nathanaël Gobenceaux, la géographie irrigue le texte, le questionne de l’intérieur, elle n’est pas un thème, un décor, mais le centre de sa démarche : décrire le lieu le préoccupe, ainsi qu’en attestent ses contributions en revue, mentionnées ci-dessus, tout autant que son blog auto-geographies.

Géo-graphie, auto-géographie : intéressant au passage de constater que ce projet-ci est une forme de ramification, à la fois extension et resserrement d’un axe développé dans son blog. C’est aussi une des innovations apportées par le numérique aux statut et travail d’auteur, dont le chemin de et vers la publication (et partant, de et vers une forme de reconnaissance) n’est plus linéaire mais spatiale. Qu’il y ait ou non un plan de “carrière”, conscient ou inconscient, chez un jeune auteur numérique, son développement est heuristique. Chaque auteur de cette jeune génération née des blogs (et qui y trace son empreinte et sa route, en revues puis en livres ou sites) mène plusieurs chantiers de front et en public.

De cela, de ces mutations discrètes mais profondes, ce blog témoigne, mais surtout du travail en cours, du travail à l’œuvre, et des échos et rapports entre la littérature et le territoire.