Camille de Toledo - "Écrire la légende"

Camille de Toledo investit durant cinq mois le Labo de création de Ciclic pour "Écrire la légende", une réflexion autour des rapports littérature et photographie. Un travail qui accompagne l'écriture de son prochain roman Le livre des morts.

Pour suivre le cheminement de ce projet d'écriture, Ciclic et la Maison Ernst vous proposent cinq rendez-vous publics avec l'auteur, sous forme de lectures-rencontres, ainsi qu'une exposition.
Chaque texte composé sera lisible et téléchargeable sur les sites ciclic.fr et livre.ciclic.fr. Une captation audio permettra également d'écouter, ou de réécouter les rencontres et lectures.


Écrire la légende, un cycle de lectures et conversations autour des « photos de famille »

Nous accumulons des images, des quantités considérables d’images de l’enfance, de moments en famille, de vacances, de fêtes, de nos semaines de repos, à la mer ou à la montagne, ou de nos voyages à l’autre bout du monde. Mais d’où vient cette pulsion, ce désir d’archiver la vie ? Et qu’advient-il de ces collections sauvages, intimes, quand les conditions du bonheur ou du voyage se défont, se délitent ? Dans ce cycle de lectures et de "conversations au coin du feu" à la Maison Ernst, je voudrais explorer ce désir d’archiver la vie. Écrire la légende de ces images dont nous devenons, parfois malgré soi, les « curateurs », en conservant à l’esprit les deux sens du mot légende : légender ces images en tant qu’elles sont des « documents » qui disent une certaine vérité, et légender, en comprenant ces images comme formant un récit imaginaire, une fable, détachée de la réalité. 
Les traces de nos vies légendaires... [Camille de Toledo]

 

Son projet d'écriture : Le livre des morts
Le livre des morts chemine dans le sillon des livres de Sebald. Il s’écrit à la suite de deux autres de mes livres, Le Hêtre et le Bouleau et Vies pøtentielles, paru en 2009 et en 2010 aux éditions du Seuil.
La matière première de ce Livre des morts sera composée de photographies, les archives photographiques que j’ai recueillies à la mort de mes proches. Il poursuit une intuition sur les traces et la façon dont nos vies sont désormais matériellement exposées par des centaines, des milliers d’images. C’est à partir de ces images que naît l’écriture. Un geste d’écriture qui vient, en quelque sorte, non plus avant l’image comme dans le cas des romans adaptés, mais après l’image, tel un art d’exégèse ou de commentaire. Ce que je voudrais traquer, je crois, dans cet amoncellement de photographies, dans cette abondance des traces, c’est un sens. Pourquoi ai-je jusque-là survécu et à quelle fin ? A quoi sert celui qui reste et pour raconter quelle histoire ?  

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