Entretien avec Bruno Cadillon en résidence

à Feings (41)

L’auteur, comédien et metteur en scène Bruno Cadillon a mené une résidence de 3 mois, à l'automne 2013, au Théâtre du grand Orme.

Comment est né ce projet de résidence à Feings ?
La compagnie du Hasard avait déjà organisé des résidences d’écriture. Depuis plusieurs années, à la fois comme comédien, metteur en scène et, plus récemment, comme auteur, j’ai collaboré avec Danièle Marty qui dirige la compagnie. Il était logique que l’idée germât d’une résidence au Grand Orme.

Quel était votre projet littéraire pour cette résidence ?
Le projet était de terminer la suite des aventures de Latifa Gadsaïev[1]. Le premier tome, Sorties de route, sorti en 2010 aux éditions d’Orbestier, est un roman policier alternant noirceur et comédie. Le deuxième tome, Les aventures de Théodore Valbron, reste un roman policier mais tirant franchement vers l’absurde. Ce chantier durait depuis deux ans et il devenait nécessaire de m’immerger totalement dans l’histoire. La résidence m’a donné cette opportunité et permis d’aller au bout de ce deuxième tome.

Que vous a apporté cette résidence pour votre travail de création littéraire ?
La disponibilité. Essentielle pour pouvoir rester dans le roman. Les contingences matérielles réduites à leur plus simple expression m’ont permis de m’immerger dans l’histoire. Cette longue période était idéale à pour aboutir mon travail.

Le fait d’être en résidence à Feings a-t-il eu une incidence sur votre travail en cours ?
Certainement. Consciemment ou inconsciemment les évènements de la vie quotidienne au temps de l’écriture, ainsi que le lieu de résidence et l’atmosphère qui s’en dégage, influent obligatoirement sur la création, de même que la proximité avec l’équipe de la compagnie du Hasard et la rencontre avec les dames d’Étincelles[2]. Mais le roman étant très loin de l’autofiction et soumis à une narration très construite, il est difficile de quantifier l’incidence de la résidence sur le contenu de la création.

Quelles ont été les actions culturelles que vous avez menées et quel est pour vous l’intérêt de ces temps d’ateliers et d’échanges avec le public ?
La principale action culturelle que j’ai menée au Grand Orme a été l’animation d’ateliers d’écriture à l’intention des adhérentes de l’association Etincelles. Ces ateliers ont été riches humainement en rencontres et en émotions. Productifs également puisqu’ils ont abouti à l’écriture d’une courte pièce, mise en scène par Danièle Marty et jouée par les participantes aux ateliers. La représentation a eu lieu en décembre, au théâtre de l’Orme.

Où en est votre texte, à l’issue de cette résidence, et quel est son avenir ?
Le texte vient de partir en lecture chez les éditeurs.

Quels sont vos projets à venir ?
Deux projets sont en cours : trois courtes pièces à écrire pour la compagnie du Hasard, qui s’inscrivent dans le projet « Des cailloux et du pain », future création de la compagnie, et l’adaptation en roman de Gentil garçon, script inabouti écrit en 2001, mais dans lequel j’ai envie de me replonger.



[1] Héroïne du premier roman de Bruno Cadillon, Sortie(s) de route

[2] Association d’entraide et d’action sociale, basée à Contres