Rencontre avec Jean-Christophe Bailly & Muriel Pic

vendredi 10 février, 20h à Tours (37)

La librairie Le Livre & les éditions Macula vous invitent à une rencontre intitulée "Traces, archives, document & poésie" avec Jean-Christophe Bailly et Muriel Pic. Les deux auteurs présenteront leurs derniers ouvrages, L’ineffacé. Brouillons, fragments, éclats de Jean-Christophe Bailly (IMEC, 2016) et Elégies documentaires de Muriel Pic paru chez Macula dans la collection « Opus incertum », dirigée par Jean-Christophe Bailly.

Écrivain, poète, philosophe, Jean-Christophe Bailly est également éditeur et dramaturge. Il a publié de nombreux livres dont Le propre du langage (Seuil, 1997), Le versant animal (Bayard, 2007), Le dépaysement (Seuil, 2011), L’élargissement du poème (Bourgois, 2015).

Muriel Pic est critique littéraire, traductrice de l'allemand et écrivain. Elle a publié plusieurs essais sur Henri Michaux, W. G. Sebald et a traduit Walter Benjamin. Ses recherches (critique et poétique) sont toujours fondées sur des archives. Docteur de l’EHESS, elle est professeur de littérature française à l’université de Berne.

L'ineffacé : une exposition, un lieu, un livre
Le livre intitulé L'ineffacé. Brouillons, fragments, éclats présente l’essentiel de l’exposition en 120 pièces extraites des collections de l’IMEC, inédites et commentées, et propose une très belle méditation de Jean-Christophe Bailly sur l’invention, le savoir, et l’archive.

« Et ce que l’on voit, ce qui saute même aux yeux aussitôt qu’on tourne les pages ou saisit les feuillets des manuscrits écrits par les mains plus diverses : la pensée – appelons là comme cela, sans rien de ronflant ni d’impérieux, juste une ténacité et une rumeur, une insistance – est chez elle dans ces signes qu’elle trace et corrige et rature. Le langage n’est pas un matériau inerte et préexistant qui opposerait comme tel, à la façon d’une sorte de carrière, sa résistance à un outil, il est le déploiement même, l’avancée d’un sens s‘inventant et se voyant venir » [Jean-Christophe Bailly]

 

À propos d’Elégies documentaires.

« Partout il faut lire » dit Muriel Pic, mais si « la vérité est toujours en ruines », alors c’est dans ses traces qu’il faut s’aventurer. Ce qui est visé, à partir de ces traces, c’est un art documentaire, une « expérience lyrique, atmosphérique, élémentaire ». La liberté est prise d’une fiction qui s’en va à partir de restes et de poussières. L’archive devient le matériau du poème, mais « il n’est pas d’art documentaire sans chant de deuil ». Ce chant se déploie en trois parties : un montage qui conduit de l’utopie totalitaire – le centre de vacances nazi de l’île de Rügen – à l’utopie manquée d’un rêve mellifère en Palestine, puis à l’utopie anéantie d’une organisation spatiale entée sur les étoiles chez les Indiens de la Plaine. À chaque fois c’est « l’œil vivant du passé » qui nous regarde, consumant l’avenir. »