Rencontre avec Jackie Berroyer

lundi 3 avril, 19h30 à Tours (37)

La librairie La boîte à livres vous invite à une rencontre avec Jackie Berroyer autour de son essai Parlons peu, parlons de moi, paru aux éditions Le Dilettante

Parlons peu parlons de moi, ne dites à personne que j'en parle à tout le monde, c'est une sorte de journal vaguement nettoyé, augmenté, commenté provenant de chroniques musicales parues dans l'excellente revue musicale suisse Vibrations. Ou dans Siné Mensuel et dans Fluide Glacial. Certaines sont déjà bien anciennes. C'est pourquoi à plusieurs reprises on y parle en francs (français) et que telle ou telle personne aujourd'hui disparue semble être en pleine forme.

A l'origine dessinateur industriel, Jackie Berroyer devient au milieu des années 70 critique de rock pour Charlie-Hebdo, puis Libération, Rock&Folk ou encore Actuel. A partir des années 80, sa plume caustique, son flegme et sa bonhomie lui valent d'être très sollicité dans le milieu du cinéma par les réalisateurs en quête de dialogues incisifs. Mais c'est surtout grâce à ses interventions de standardiste décalé dans l'émission de Canal +, 'Nulle part ailleurs', qu'il accède à la popularité au milieu des années 90. Touche-à-tout, Jackie Berroyer est également écrivain et publie en 1992 La Femme de Berroyer est plus belle que toi, connasse, qui sera adapté au cinéma sous le titre Tempête dans un verre d'eau. A l'écran, ses rôles en tant qu'acteur le montrent tantôt doux-dingue, tantôt prof de philo maladroit et indécis, souvent humoriste désabusé ; Jackie Berroyer s'impose comme une figure marquante du jeune cinéma d'auteur français. En 2005, l'acteur incarne un nouveau rôle à sa mesure dans le thriller belge Calvaire, où il ose une stupéfiante composition d'aubergiste psychopathe. Chroniqueur sur Canal +, scénariste et écrivain confirmé, comédien, cet artiste complet monte sur les planches début 2006, dans Ma Vie de jolie fille, spectacle mi-parlé, mi-chanté où il étale tout son talent, seul en scène.

Parlons peu, parlons de moi, Jackie Berroyer
Paris : Le Dilettante, 2017. - 288 p.
ISBN : 978-2-842638-92-4. - prix : 20€
Exemplaire du tirage de tête : 80€  
Pour obtenir le tirage de tête 

"Au français, il manque un mot, un verbe pour être exact : « se berroyer », « je me berroie, tu te berroies, etc. » Sens : parler de soi avec une tendresse rosse, un cynisme feint, sans narcissisme excessif et avec un goût certain pour l’autoportrait bichonné. Origine du mot : l’écrivain, acteur et journaliste français Jackie Berroyer né à Reims en 1946. Soi est un sujet que Jackie Berroyer connaît comme sa poche. Il nous parle de lui comme un instituteur de son cancre préféré, impitoyable et émotif, la taloche caressante, précis et attentif. Parlons peu, parlons de moi, son deuxième livre au Dilettante, regroupe les chroniques données principalement à la revue suisse Vibrations (LA revue suisse sur la musique dans tous ses états), chroniques qu’il assortit d’exégèses attendries et distanciées. Comme dans ses proses il parle souvent de lui, j’entends déjà les commentaires : ah oui, du tout-à-l’ego sans passer par la case filtrage, irrespirable. Eh bien, non, car Berroyer berroie. D’abord, il nous parle des autres avec des larmes dans la plume ou des sourires plein la phrase : de Miles Davis souvent, sinon un peu de Miles Davis, parfois de Miles Davis, mais la plupart du temps des jazzmen et des soulwomen (dont la femme de Miles Davis), de Grant Green et de mille milliards d’autres musicos, de ses girlfriends passées, présentes et à venir, des potes de toujours et d’Emmanuel Lévinas et de Rory Gallagher, cite Corbière et Michel Serrault. Bref, « berroyer », c’est parler de soi pour mieux aimer les autres, s’aimer soi pour mieux parler des autres. Le genre de livre bouée qu’on rouvre à chaque tangage, au moindre coup de bleu. Vive les berroyeurs !"