Rencontre autour de Conrad Aiken et Carl Rakosi

vendredi 15 juin, 20h à Tours (37)

La Librairie Le livre & Les éditions La Barque vous proposent une rencontre autour de deux poètes majeurs de la littérature américaine, Conrad Aiken et Carl Rakosi, en compagnie de Philippe Blanchon (traducteur, écrivain) et Olivier Gallon (éditeur, écrivain).

Cette soirée est organisée à l'occasion de la parution de Le Cristalpoèmes de Conrad Aiken et de Amulette, poèmes de Carl Rakosi, publiés l’un et l’autre aux éditions La Barque.

 

Conrad Aiken (1889-1973).
Poète majeur d'une œuvre considérable, nouvelliste sublime, critique..., également éditeur d'Emily Dickinson, homme dont la discrétion fut exemplaire, poursuivant la résonance de son temps sans y être esclave, et dont l'influence fut décisive sur des œuvres telle celle, de Malcolm Lowry qui, de ses propres mots, reconnut en lui « un  père spirituel », Aiken est cependant resté dans l'ombre.
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Le Cristal, Conrad Aiken ((Édition bilingue)
Traduit de l'américain par Philippe Blanchon 
« Le Cristal » (1958) est un long poème magistral dans lequel Conrad Aiken déploie tout son art.
C’est un poème de maturité, fraternel, en dialogue avec l’illustre Pythagore de Samos (VIe siècle av. J.-C.), où l’âge du poète alors âgé de 69 ans à sa parution transparaît dans ses questionnements. Aiken y évoque des moments de la vie du grand philosophe, homme d’état, et mathématicien à qui il s’adresse — fait retenu : Pythagore fut, terme d’actualité, un migrant ; il quitta en effet Samos à l’âge de 18 ans et n’y revint que vers l’âge de cinquante ans.
Comme Aiken le précise, dans une note présente en ces pages, il avait en tête depuis longtemps d’écrire ce poème, la lecture d’articles parus successivement aux mois d’août et septembre 1956 a contribué à son aboutissement.
Chapitré, d’une ampleur certaine, au long souffle maintenu, conçu tel un joyau de litanie facettée, ce poème gracieux est à lui seul « un livre »…

Extrait :
Tu enseignais la migration des âmes : tout
doit continuer, puisque les nombres sont éternels :
l’esprit, comme ces migrants, franchit toutes les saisons,
et la pensée, comme ces cris, est immortelle.

 

Carl Rakosi (1903-2004).Tout autant rétrospection que tournant vers l’œuvre à venir, Amulette articule ses derniers poèmes avec des poèmes antérieurs- dont il retravaille certains. Y sont salués Louis Zukofsky et Wallace Stevens, s’y trouvent ses premiers « Americana » (série s’échelonnant dans des livres suivants, tout autant regard rétrospectif sur l’histoire des Etats-Unis que regard acéré sur son actualité), et le seul poème qu’il disait pouvoir être considéré comme véritablement objectiviste : « Le homard ». Ses poèmes sont autant d’incises dans le réel-des compositions des plus simples aux plus complexes, traitant de l’intime et de l’histoire. Témoin et acteur majeur du siècle poétique américain, poète d’une absolue singularité, Carl Rakosi meurt en 2004 à 100 ans. « Ce qui est important, disait-il, est que soit préservée l’intégrité du sujet aussi bien que l’objet». Amulette est son premier livre à paraître en français. 

Amulette, Carl Rokosi (Édition bilingue)
Suivi d'un entretien avec Carl Rakosi 
Traduit de l'américain par Philippe Blanchon en compagnie d'Olivier Gallon