Publié le 03/04/2015

Lecture de Christian Prigent à Chambord

Lecture de Christian Prigent dans le cadre des Écrivains à Chambord

La lecture a eu lieu le dimanche 29 avril 2012 au Domaine national de Chambord (41)

Christian Prigent occupe une place tranchante dans la littérature française : depuis les années 70, il trace un chemin singulier, nourri de l’impératif de modernité (l’avant-garde), d’une critique radicale du fait littéraire, de compagnonnages artistiques (Viallat, Deleuze) et d’une inventivité verbale exceptionnelle, dans la lignée d’un Rabelais (Une Phrase pour ma mère). Essayiste avisé (Ceux qui merdRent, Salut les Anciens, Salut les Modernes), Prigent réfléchit au rapport de la langue à ce qui l’excède, dans l’affrontement au réel, et à ce que signifie la négativité. Le rapport essentiel au corps constitue l’un des fondements de sa pratique littéraire. Il donne à entendre à Chambord, dans une lecture à deux voix avec la comédienne Vanda Benes, certains de ses textes les plus récents, encore inédits, et des extraits de Compile, dont l’argument central est précisément celui de l’enjeu de la lecture à voix haute de la littérature… (Yannick Mercoyrol)

«Il reste que oui, quand même ; le cercle des lecteurs s’est un peu élargi. Ça montre peut-être que l’obstacle à la lecture ne vient que de la construction a priori d’une norme de lisibilité et d’une certaine définition (par l’édition ; la presse, l’institution scolaire…) du “littéraire” (ce qui l’est / ce qui ne l’est pas ; ce qui l’est trop / ce qui ne l’est pas assez ; ce qu’on peut en consommer / ce qui vous pèse sur l’estomac ; ce qui vous prend la tête / ce qui vous la vide, etc). Cette norme et cette définition ne tiennent que par un effet d’intimidation. D’époque en époque ça se déplace : ça veut donc dire que ponctuellement ça cède. C’est pour cela qu’il faut continuer : à écrire, à penser, à former le goût, à rétablir la valeur. Le temps, l’obstination, le fait de ne rien céder à la demande mercantile et mondaine, ça finit toujours par produire cet effet-là : que des normes cèdent, un peu – et que quelques lecteurs entrevoient alors ce qui se faisait, en marge, dans l’é-normité. » (Christian Prigent, dans Christian Prigent, quatre temps, Entretiens avec Bénédicte Gorillot, un livre paru aux éditions Argol, collection Les Singuliers, en 2008.)

À Chambord, Christian Prigent a donné à entendre, dans une lecture à deux voix avec la comédienne Vanda Benes, certains de ses textes les plus récents, alors encore inédits, et des extraits de Compile, dont l’argument central est précisément celui de l’enjeu de la lecture à voix haute de la littérature…