Lecture d'Emmanuel Ruben et de Camille de Toledo

Dimanche 27 mars 2016, le Domaine de Chambord a accueilli un duo formé d’Emmanuel Ruben et Camille de Toledo, pour un après-midi de lectures où chaque écrivain a lu son alter ego.

Emmanuel Ruben a lu principalement des extraits de Oublier trahir puis disparaître, publié en 2014, un livre formellement audacieux, travaillant sur une langue imaginaire, hantée par toutes les langues européennes, qui a pour ambition de tourner la page du XXe siècle du Vieux continent, un roman dont Ruben a pu écrire qu’il puisait « aux deux sources de l’antiquité biblique et de la modernité européenne », dans lequel Toledo ouvrait une voie nouvelle, considérable.
Camille de Toledo lira des extraits du dernier ouvrage de Ruben, Dans les ruines de la carte, paru en octobre 2015 aux éditions Le Vampire Actif.
Né en 1980 à Lyon, Emmanuel Ruben est auteur, dessinateur et bloggeur après avoir été enseignant agrégé de géographie. Grand voyageur, il confesse un «tropisme obscur pour les lisières de l’Europe, de Saint-Pétersbourg à Istanbul, de la Baltique à la Mer Noire », ce dont témoignent également ses textes. Il est l’auteur de Kaddish pour un orphelin célèbre et un matelot inconnu (2013), de La Ligne des glaces (Rivages, 2014), premier épisode d’une suite européenne et nordique, à laquelle il travaille depuis plusieurs années, qui a été sélectionné pour de nombreux prix littéraires dont le Prix Goncourt 2014, et d’Icecolor (Le Réalgar, 2014) dans lequel il traite du travail du peintre Per Kirkeby. Avec Dans les ruines de la carte, paru en octobre dernier (Le Vampire Actif), il livre son cinquième ouvrage qui établit une relation critique entre écriture et cartographie, en croisant des artistes essentiels pour son propos, comme Vermeer ou Le Gréco.

Ce sont des extraits de ce dernier ouvrage qui ont été lus par Camille de Toledo, né le 25 juin 1976 à Lyon. D’abord étudiant à l’IEP de Paris, ainsi qu’à l’université Sorbonne-Censier, il a poursuivi ses études à Londres, à la London School of Economics, puis à la Tisch School de New York pour le cinéma et la photographie. De retour en France, en 1996, après un an passé à Calcutta, puis à Tanger, il fonde Don Quichotte, une revue d’influence zapatiste pour laquelle il fut photographe et éditorialiste. En 2004, il obtient la bourse de la Villa Médicis. En 2005, il entreprend l’écriture de Strates : une archéologie fictionnelle. Sur les quatre livres de cette tétralogie, deux sont parus :L’Inversion de Hieronymus Bosch (éd. Verticales 2005) et Vies et mort d’un terroriste américain (éd. Verticales, 2007). Camille de Toledo est aussi l’auteur d’essais mêlant les écritures et les genres : récit autobiographique, critique, micro-fictions, dont Visiter le Flurkistan (PUF 2008) ou Le Hêtre et le Bouleau (Seuil, 2009), dont il écrit qu’il « est une tentative d’adieu au XXème siècle. Il a pris, au cours de l’écriture, la forme d’une méditation sur l’ordre politique et émotionnel de l’Europe après la chute du Mur ».

Après un « cycle de morts » entre 2005 et 2010, où Camille de Toledo perd son frère aîné, sa mère, son père, il entreprend de réécrire la totalité de ses livres parus, dont son premier essai, Archimondain-Jolipunk, publié chez Calmann-Levy en 2002, qui lui assure d’emblée une reconnaissance dans le paysage littéraire français, repris sous le titre L’Adieu au XXe siècle.