Publié le 31/05/2018

La sélection Prix Emmanuel Roblès 2018 est dévoilée !

Découvrez sans attendre les six romans en lice pour cette 28e édition du Prix Emmanuel-Roblès.

Le Prix Emmanuel-Roblès, prix des lecteurs de Blois-Agglopolys, récompense chaque année l’auteur d’un premier roman francophone. Le vendredi 2 mars, lors de la conférence de presse qui s'est tenue à la bibliothèque Abbé-Grégoire, la sélection 2018 a été dévoilée. Découvrez ici les six romans en compétition. Cette année, le prix sera decerné le vendredi 15 juin 2018 à 17h à La Halle aux Grains (Blois-41).

∎ Ma Reine, Jean-Baptiste Andrea
L'Iconoclaste, 2017. - ISBN : 979-1095438403. - 240 p. - 17€
Un conte initiatique où tout est vrai, tout est rêve, tout est roman.
"Shell n’est pas un enfant comme les autres. Il vit seul avec ses parents dans une station-service. Après avoir manqué mettre le feu à la garrigue, ses parents décident de le placer dans un institut. Mais Shell préfère partir faire la guerre, pour leur prouver qu’il n’est plus un enfant. Il monte le chemin en Z derrière la station. Arrivé sur le plateau derrière chez lui, la guerre n’est pas là. Seuls se déploient le silence et les odeurs de maquis. Et une fille, comme un souffle, qui apparaît devant lui. Avec elle, tout s’invente et l’impossible devient vrai."
Jean-Baptiste Andrea livre ici son premier roman. Ode à la liberté, à l’imaginaire, et à la différence, Ma reine est un texte à hauteur d’enfants. L’auteur y campe des personnages cabossés, ou plutôt des êtres en parfaite harmonie avec un monde où les valeurs sont inversées et signe récit pictural aux images justes et fulgurantes qui nous immerge en Provence, un été 1965.

∎ Transport, Yves Flank
L'Antilope, 2017. - ISBN : 979-10-95360-40-7. - 136 p. - 15€
"Mon amour, mon amour, ô mon amour, maintenant je crie en plein visage. Vas-tu pleurer, vas-tu revenir, délaisser tes ombres et me sourire, répondre à cette attente infernale, m'empêcher de sombrer de trop de solitude ? Je voudrais lacérer ton épaule, cracher un venin verdâtre, t'anéantir de mes pensées, souffler sur ma douleur, t'aimer intensément. Tu entends, tu entends ?". Sur le trajet vers l'inéluctable, se croisent les pensées de l'homme brun et de la femme rousse. 
Avec l'homme brun, on entend, voit, sent tout ce qui se passe dans le wagon. Avec la femme rousse, on partage la passion amoureuse qu'elle chante dans sa tête, le grand amour qu'elle appelle à son secours. Dans ce premier roman oscillant entre rêve et réalité, Yves Flank choisit de faire revivre ses grands-mères sous les traits d'une femme amoureuse.

∎ Fugitive parce que reine,  Violaine Huisman
Gallimard, 2017. - ISBN : 978-2-072765-62-9. - 256 p. - 19€
"Maman était une force de la nature et elle avait une patience très limitée pour les jérémiades de gamines douillettes. Nos plaies, elle les désinfectait à l’alcool à 90 °, le Mercurochrome apparemment était pour les enfants gâtés. Et puis il y avait l’éther, dans ce flacon d’un bleu céruléen comme la sphère vespérale. Cette couleur était la sienne, cette profondeur du bleu sombre où se perd le coup de poing lancé contre Dieu."
Ce premier roman raconte l’amour inconditionnel liant une mère à ses filles, malgré ses fêlures et sa défaillance. Mais l’écriture poétique et sulfureuse de Violaine Huisman porte aussi la voix déchirante d’une femme, une femme avant tout, qui n’a jamais cessé d’affirmer son droit à une vie rêvée, à la liberté.

Fief, David Lopez
Seuil, 2017. - ISBN : 978-2-021362-15-2. - 256 p. - 17.50€
"Quelque part entre la banlieue et la campagne, là où leurs parents ont eux-mêmes grandi, Jonas et ses amis tuent le temps. Ils fument, ils jouent aux cartes, ils font pousser de l’herbe dans le jardin, et quand ils sortent, c’est pour constater ce qui les éloigne des autres.
Dans cet univers à cheval entre deux mondes, où tout semble voué à la répétition du même, leur fief, c’est le langage, son usage et son accès, qu’il soit porté par Lahuiss quand il interprète le Candide de Voltaire et explique aux autres comment parler aux filles pour les séduire, par Poto quand il rappe ou invective ses amis, par Ixe et ses sublimes fautes d’orthographe. Ce qui est en jeu, c’est la montée progressive d’une poésie de l’existence dans un monde sans horizon."
Au fil de ce roman écrit au cordeau, une gravité se dégage, une beauté qu’on extirpe du tragique ordinaire, à travers une voix neuve, celle de l’auteur de Fief.

∎ L'ivresse du Sergent Dido, Olivier Rogez
Le Passage, 2017. - ISBN : 978-2-84742-367-9320 p. - 18€
"
Soldat déprimé au sein d’une armée laissée à l’abandon, le sergent Dida se contente de survivre. Il ne croit plus en rien. Un jour pourtant, la chance s’arrête sur le seuil de sa vie.
Dans une station-service écrasée de soleil, un officier jette son mégot dans une flaque d’hydrocarbure. Ce mépris souverain pour la mort enflamme l’imagination du sergent. Il vient de rencontrer son héros… Il ne faut pas rater cette occasion ! Le jeune homme a encore quelques réflexes. Il paraît qu’on ne rattrape pas un couteau qui tombe ? Eh bien Dida tente le coup ! Il va prendre le risque ! Dans un pays qui s’effondre, le sergent Dida va se lever !
Ici, dans cette terre d’Afrique de l’Ouest qui l’a vu naître, tandis que le dictateur se meurt, Dida entreprend son ascension vers le pouvoir. Mais le destin est une camisole. Saura-t-il s’en libérer ? Échapper au rôle que tous veulent lui faire jouer ?"
Avec L’Ivresse du sergent Dida, puissant roman aux couleurs de l’Afrique, Olivier Rogez interroge les ressorts du pouvoir, cette drogue violente qui transforme l’âme humaine, pour le pire ou le meilleur.

∎ Ces rêves qu'on piétine, Sébastien Spitzer
L'Observatoire, 2017. - 
ISBN : 979-10-329-0071-0. - 304 p. - 20€
"Sous les bombardements, dans Berlin assiégé, la femme la plus puissante du IIIe Reich se terre avec ses six enfants dans le dernier refuge des dignitaires de l’Allemagne nazie. L’ambitieuse s’est hissée jusqu’aux plus hautes marches du pouvoir sans jamais se retourner sur ceux qu’elle a sacrifiés. Aux dernières heures du funeste régime, Magda s’enfonce dans l’abîme, avec ses secrets.
Au même moment, des centaines de femmes et d’hommes avancent sur un chemin poussiéreux, s’accrochant à ce qu’il leur reste de vie. Parmi ces survivants de l’enfer des camps, marche une enfant frêle et silencieuse. Ava est la dépositaire d’une tragique mémoire : dans un rouleau de cuir, elle tient cachées les lettres d’un père. Richard Friedländer, raflé parmi les premiers juifs, fut condamné par la folie d’un homme et le silence d’une femme : sa fille.
Elle aurait pu le sauver.
Elle s’appelle Magda Goebbels."
Sébastien Spitzer est journaliste.