"L'étrange lumière" rencontres autour de la traduction avec Catherine Perrel : 3e rendez-vous

18-19-20 mai à Tours (37)

Catherine Perrel, traductrice, est associée à la librairie Le Livre jusqu'au mois d'octobre. Ensemble, ils proposent le projet "L'étrange lumière", cycle de rencontres autour de la traduction. Parallèlement, Catherine Perrel poursuit son nouveau projet de traduction du roman d'Eugène Zamiatine, Nous autres.

Au programme du deuxième rendez-vous avec Catherine Perrel :

  • Jeudi 18 mai de 15h à 19h : 
    LE BUREAU DES TRADUCTIONS vous accueillera à la librairie Le Livre. Vous pourrez y poser toute sorte de petites et grandes questions sur le métier de traducteur (le bureau abrite également une cellule de désorientation), les écrits sur la traduction, les différentes traductions et versions à lire...
     
  • Vendredi 19 mai à 20h :  
    PLEINS FEUX avec Anne-Marie Tatsis-Botton, traductrice, ancienne enseignante, sur la traduction d’Apologie du mensonge gratuit et Mes Treize Oncles de Vladislav Otrochenko (Verdier),un écrivain russe d’origine cosaque amoureux de l’Italie, de Gogol et fin lecteur de littérature antique.
    Anne-Marie Tatsis Botton évoquera la complicité particulière qu’elle a nouée avec l’auteur au fil des textes et son expérience de la traduction. 

  • Samedi 20 mai à 14h30 : 
    L’ESCALIER NOIR vous fera découvrir des textes inédits de Vladislav Otrochenko. Grâce à un mot à mot, vous pourrez proposer votre traduction d’un ou deux tout petits récits du cycle « Écrits sur la paume »,  des textes brefs qui doivent tenir sur la paume de la main, et les confronter aux traductions d’Anne-Marie Tatsis Botton et de Catherine Perrel. Il n’est pas nécessaire de connaître le russe pour participer à cet atelier.

Il n’est pas nécessaire de connaître le russe pour participer à cet atelier.


Présentation de L’ÉTRANGE LUMIÈRE : Cycle de rencontres autour de la traduction

L’étrange lumière tente d’éclairer, de ses rayons incertains, les parts d’ombre de la traduction et des textes traduits.

Elle est la lumineuse lecture du traducteur – l’étonnement de la profondeur, d’une compréhension sans cesse imparfaite et sans cesse renouvelée –, elle est la nuit de son ignorance, elle brûle au mystère du verbe, jamais totalement élucidé. Parfois l’étrange lumière bute sur les amas de sons et de sens, parfois elle les transperce ou bien elle file, dansante, sur les lignes rythmées. Elle sait qu’il n’est jamais de langues l’une à l’autre étrangères, rien que des textes – à leur propre langue étrangers. Elle révèle les ambiguïtés sans chercher à les dissiper, se suspend, glisse de côté, accueille l’étrangeté, cherche à défamiliariser. C’est le noir impossible – la joie de l’altérité.

L’étrange lumière, c’est aussi le feu du texte – reflets et réfractions – les incendies qu’il allume en nous, sa force de vie – pouvoir d’éternité. 

PLEINS FEUX
Chaque séance commence par un rappel des préalables, petites remarques simples mais pas évidentes, sans lesquels il est impossible de bien se positionner et de comprendre ce qui est en jeu dans la traduction : 

  • On ne traduit jamais une langue ou un auteur, mais un texte.
  • La plus petite unité de traduction n’est jamais le mot, ni même la phrase ou le vers.
  • Quand on lit un texte traduit, on lit une traduction et non le texte original (on lit une traduction française du Procès de Kafka, on ne lit pas Le Procès de Kafka...), etc. 

Puis un traducteur et/ou un auteur, présente une œuvre traduite et parle de sa pratique/poétique/clinique de la traduction.

La grande diversité des invités choisis montre à quel point la pratique et l’expérience de la traduction peuvent varier, aussi bien dans le choix des priorités (notamment pour la traduction poétique) que dans la façon de travailler, de lire, de penser la traduction, la « tâche du traducteur ». L'invité reçoit auparavant quelques questions pour que leur intervention soit axée essentiellement sur la traduction.

Les œuvres présentées seront elles aussi très diverses, ce qui permettra de parcourir un champ relativement large – poésie, prose, cinéma, histoire des traductions –, dans différentes langues, y compris la traduction « à l’envers », c’est-à-dire à partir d’un texte français  (particulièrement périlleux).

Catherine Perrel et la librairie Le Livre proposerons également des pistes de lecture qui ne s’arrêteront pas aux grands textes théoriques mais privilégieront les écrits de poètes et d’écrivains sur la traduction.

L’ESCALIER NOIR
[Черная лестница, en russe, l’escalier de service]
Le second temps des rencontres prolonge « Pleins Feux » mais pourra être suivi de façon indépendante.

Il s’agit d’un atelier de traduction ou de la lecture rapprochée d’un extrait de texte, fondé sur un mot à mot en français, accessible à tous. Il ne nécessitera pas de compétences ou de connaissances linguistiques particulières. 

« L’escalier noir » donnera accès à tout ce qui sous-tend la traduction : références, enjeux, sons, rythmes, échos, doutes, hypothèses, hésitations, choix, autres possibles.

Les participants seront amenés à réfléchir activement, à faire des propositions. En se fondant sur le mot à mot français, ils pourront s’essayer à l'écriture et prendre la mesure des problèmes linguistiques, culturels, rythmiques, poétiques se révélant lors de la traduction. Ou bien ils suivront de façon détaillée un travail rapproché sur le texte, une lecture fouillée qui ouvrira sur une compréhension approfondie.  Ils pourront ainsi entrevoir plus concrètement un peu du travail de l’auteur et du traducteur.