Publié le 23/11/2015

Heures dispersées

Heures dispersées, Marie Grégoire, François Righi. - Ivoy-le-Pré : Les livres sont muets, 2014.

In-folio (26 cm x 24,5 cm) de 16 feuillets doubles dont 2 blancs, reliure à la chinoise, couverture muette, jaquette et chemise imprimées. Étui marouflé de papier du Japon bleu nuit à ramages moirés.

19 dessins et calligraphies de François Righi, imprimés en lithographie par Michael Woolworth à Paris, et 3 gravures en taille d’épargne imprimées par l’artiste. Les textes sont composés en Antique Olive de corps 6 et 9, et tirés par Émile Moreau à Henrichemont. Édition originale conçue par François Righi, limitée à 31 exemplaires (dont 3 hors commerce) sur papier du Japon Minota, tous numérotés et signés par l'auteur et l'artiste. 

Les exemplaires de tête (1/28-3/28), sous coffret, accompagnés d’un cuivre gravé, sont épuisés. 

L’exemplaire marqué HC3 est réservé à la Réserve des livres rares de la BnF.

« Ce livre est le cinquante-deuxième titre du catalogue de François Righi. Il est conçu dans la continuité de l’une des inflexions principales de son travail de création, qui tente d’inscrire l’un dans l’autre l’espace d’un lieu et celui d’un livre. La « matière travaillée du corps de ce livre » se trouve à Bourges, à l’hôtel Lallemant. Le plafond à caissons, alternant emblèmes et putti, qui coiffe l'oratoire de cette demeure de la Renaissance, constitue la référence iconographique des dessins. Ceux des cernes du temps suivent les quatorze caissons décorés de putti. Le frontispice rappelle les seize caissons emblématiques qui firent l'objet du livre Le miroir volatil, de Robert Marteau, gravé, imprimé et publié par François Righi en 2004. 

Les textes de Marie Grégoire placés au début et à la fin du livre forment un diptyque. Le premier, en ouverture, introduit au lieu à parcourir. Il suggère son ancrage historique, architectural et symbolique, où une allusion aux jeux d'enfants d'un autre temps n'a rien d'anodin. Le second clôt le livre, en est le chant profond. La voix d'un auteur s'adresse à son inaccessible lecteur, dans une proximité paradoxale. Deux temporalités progressent en parallèle : écrire, lire. Les images du livre construisent des parcours en miroir. Le texte leur fait écho dans son propre registre. Dans tous les cas il est question de cheminement, de traversée, d'un devenir qui transforme au fil du temps, des pages, des mots. »

Marie-Jeanne Boistard, conservateur