Frédéric Forte auteur associé à l'École nationale supérieure d'art (Bourges - 18)

L'Ensa (École nationale supérieure d'art de Bourges) accueille, de février à juin 2016, le poète Frédéric Forte, pour un projet intitulé Le son que fait la page. En parallèle à l’écriture du texte Nous allons perdre deux minutes de lumière, se fera un travail commun, à visée pédagogique, au sein de l'école — et à l’extérieur de celle-ci, par des restitutions publiques : lectures, conférences, signatures, expositions, performances.*

Les activités et productions, solliciteront les ateliers de l’école, particulièrement l’atelier édition et l’atelier son dans les phases d’expérimentation et de réalisation. En même temps et dans le même mouvement, le studio mené par Frédéric Forte alimentera les réflexions et travaux des ateliers, séminaires et studios connexes dans l’école.

Le projet d'écriture de Frédéric Forte

Ce livre à venir, intitulé Nous allons perdre deux minutes de lumière, creusera la question de la mise en espace du texte dans la page, que Frédéric forte différencie de la « mise en page » proprement dite, et qui se situe de longue date au cœur de son travail, « que ce soit dans Discographie (son premier livre), Opéras-minute ou encore dans Dire ouf (à paraître chez P.O.L en 2016), livre qui prend comme matière première le groupe américain Deerhoof ».

Ce texte construira un dispositif inhabituel pour Frédéric Forte, intégrant la dimension sonore et l’idée de l’exécution du poème dans le temps même du processus d’écriture. Nous allons perdre deux minutes de lumière sera à la fois le titre et le premier vers d’un long poème (en plusieurs chants), composé de phrases pensées ou entendues, aux airs de journal intime et d’ «infra-ordinaire» à la Georges Perec. À ce poème « premier », viendra s’ajouter un appareil de notes, didascalies, descriptions — ensemble d’indications qui donneront lieu à un enregistrement fait pour accompagner la lecture du poème en direct ou, pourquoi pas, une version totalement enregistrée du poème. La réelle différence avec les travaux précurseurs de John Cage ou Bernard Heidsieck interviendra dans un troisième temps, une fois texte et bande-son enregistrés : alors se produiront de nouvelles circulations entre l’espace de la page et l’espace sonore.

« En fin de compte, nous aurons face à nous deux objets poétiques indépendants et se nourrissant l’un l’autre : le poème sur la page et le poème « sonore », chacun étant à la fois la source et le résultat de l’autre. » (F.F)

 *Sont notamment au programme : des performances d’étudiants et de jeunes artistes invités à l’occasion de la journée performance le samedi 23 avril 2016 à l’Ensa, une exposition des publications produites à la Médiathèque de Bourges…