Exposition de l'illustrateur chinois ZHU Chengliang

Du 11 mai au 1er juin 2019, à Saint Pierre des Corps (37)

À l'occasion de la venue en France de l'illustrateur, la bibliothèque municipale accueille, en partenariat avec les éditions HongFei Cultures, une exposition autour du travail de ZHU Chengliang, grandes références de l'illustration en Chine, multi récompensé.

ZHU Chengliang, né à Shanghai en 1948, a passé son enfance à Suzhou. Il entre à l’école d’art de Nanjing et se spécialise dans la peinture à l’huile. Créateur de livres pour enfants depuis 1984, il compare son travail d'illustrateur à celle d’un metteur en scène.

Casting, décors, costumes et accessoires : rien n’est laissé au hasard, pour que les personnages, forts de leur émotion contenue, prennent vie. ZHU Chengliang vit en Chine.

Cette exposition sera l'occasion de découvrir de nombreux dessins originaux de l'illustrateur ainsi que d'une rétrospective sur son travail.

À noter également

Mercredi 15 mai à 18h

Rencontre avec ZHU Chengliang à la bibliothèque. Cet entretien sera animé par Cécile Boulaire, universitaire spécialiste de la littérature jeunesse. 

Au programme :

  • Lecture
  • Dédicace
  • Verre de l'amitié

■ HongFei, une maison d'édition du détour

par Cécile Boulaire

Pas comme les autres : Chun-Liang Yeh et Loïc Jacob, fondateurs des éditions HongFei, publient des albums pour enfants, mais pas comme les autres. Sont-ils d’ailleurs vraiment éditeurs-d’albums-pour-enfants ? On en doute parfois, en regardant leur parcours, en écoutant leurs discours. Avant d’être éditeur, Loïc Jacob a étudié la philosophie, le droit, l’anthropologie, Chun-Liang Yeh la littérature anglaise et les sciences. Chun-Liang a exercé la profession d’architecte, Loïc a été directeur des études dans un établissement d’enseignement supérieur. Créer une maison d’édition dédiée à la jeunesse, dans ces conditions, ne relève pas de l’évidence. Est-ce un métier de rencontre, comme le suggère cette jolie expression un peu désuète qui évoque le hasard ? 

Quand on pose la question, Chun-Liang se livre à un lent détour qui donne l’impression qu’il ne va pas y répondre. Pourtant, tout est là : plus que dans sa réponse, dans son détour. Chun-Liang Yeh est né à Taiwan, et pétri de culture chinoise classique. À Taiwan, la « littérature pour la jeunesse » est une notion encore assez récente : l’habitude, jusqu’à présent, était plutôt de considérer que certaines histoires s’adressent à tout le monde, enfants compris. La poésie est très vivante, même la poésie ancienne. À l’école, les enfants apprennent des poèmes traditionnels à forme fixe : quatre strophes, vingt caractères. Les apprendre par cœur, c’est un moyen de mémoriser la forme des idéogrammes. C’est aussi s’approprier la matière d’un texte vieux de plusieurs siècles, dont le sens ne se diffusera que lentement, au fil de la vie. Le poème est encore un peu obscur quand on a sept ou huit ans, dans les premières classes ; il prend un sens nouveau au temps des premières amours ; on le savoure encore différemment devenu adulte, puis à « l’âge du poète ». Chun-Liang, qui évoque manifestement des souvenirs poétiques précis, insiste : dans la Chine de son enfance, on ne donnait pas aux petits des textes pour enfants, on leur faisait apprendre des textes accessibles aux enfants. Lent détour, mais qui nous ramène à notre interrogation de départ, cette idée intrigante de devenir éditeurs. Loïc et Chun-Liang ne publient des livres pour enfants que parce qu’ils sont convaincus qu’il n’y a pas véritablement de littérature-pour-enfants, mais que l’édition est le lieu d’une rencontre de l’enfant avec les grands textes poétiques qui le feront homme. [...]