Dialogue entre Arno Bertina – Eric Chauvier et Stéphane Bouquet – Christophe Manon

dimanche 30 sept. à Chambord (41)

Pour la huitième année consécutive, le Domaine national de Chambord propose des rencontres littéraires mais pour cette nouvelle saison, le rythme est modifié, auparavant mensuelles, elles seront désormais concentrées sur sur trois journées (14/15 avril et 30 septembre), de sorte à privilégier le dialogue entre les écrivains invités et à créer ainsi deux temps forts consacrés à l’écriture, en dépassant d’ailleurs les bornes de la fiction proprement dite. Cette troisième journée rassemblera, le matin, les écrivaines Joyce Sorman et Julia Deck. L’après-midi sera consacré à la rencontre entre Pierre Jourde et Éric Chevillard. Ce sont donc deux générations, des voix nouvelles et d'autres affirmées, essentielles, auxquelles cette dernière lecture de l'année vous convie...

Dimanche 30 septembre à 11h : Joy Sorman & Julia Deck

C'est d'abord avec Boys boys boys que Joy Sorman fait son entrée en littérature en 2005 : remarquée dès ce premier opusmâtiné d'un féminisme assumé et volontiers ironique, elle publie ensuite dans cette veine des essais et ouvrages collectifs, avant de s'intéresser à la question animale avec Comme une bête(2012) puis La Peau de l'ours en 2014, qui reçoit un très bel accueil public et critique. Ce sont des extraits de ce texte où le narrateur est mi ours mi homme qu'elle lira à Chambord, ainsi que d'autres passages de son dernier livre, Sciences de la vie, qui décrit la vie d'une jeune femme luttant contre l'atavisme d'une maladie léguée par ses ancêtres.

Aux côtés de Joy Sorman, Julia Deck présentera ses deux derniers livres : Le Triangle d'hiver et Sigma. Publiée dès son premier envoi aux éditions de Minuit, pourtant peu coutumières du fait, avecViviane Elisabeth Fauville, elle poursuit avec ces deux ouvrages suivants dans la veine subtile et l'écriture nerveuse qui caractérisait son premier texte : changements d'identité, variation des points de vue, narration en ligne brisée, jeux de masques et de faux semblants qui voilent à peine une critique sociale et politique, Julia Deck impose en quelques livres un style tout à fait singulier, une science de l'intrigue qui lui permet d'être aussi à l'aise dans l'intrigue amoureuse (Le Triangle d'hiver) que dans un jeu délicieux avec les codes du roman d'espionnage (Sigma).

Dimanche 30 septembre à 15h :  Pierre Jourde & Éric Chevillard

Ce serait une gageure que d'essayer de résumer en quelques lignes l'oeuvre déjà abondante d'Éric Chevillard, qui a fait l'objet de dizaines d'articles, colloques ou numéros de revues : plus de 20 livres chez Minuit (dont PalafoxLa Nébuleuse du crabeLe Vaillant petit tailleurDémolir Nisard ou L'Auteur et moi), une dizaine d'opuscules plus brefs chez Fata Morgana, dont il lira des extraits du dernier, Détartre et désinfecte, suite de courts récits où se mêlent, comme toujours chez lui, finesse d'écriture, ironie, humour volontiers absurde, science littéraire et regard volontiers corrosif. C'est cette même voix, si singulière, que l'on retrouve depuis 2007 dans le blog L'Autofictif, sur lequel l'écrivain publie chaque jours 3 notes ; un recueil de taille biblique vient de paraître, sous le titre L'Autofictif ultraconfidentiel, dont il lira également des passages.

L'un des livres rassemblés dans ce recueil est dédié à Pierre Jourde, l'ami écrivain, critique, qui lira auprès de lui des extraits de deux romans : L'Heure et l'ombre, méditation subtile sur les arcanes amoureuses liées au souvenir d'un nom (comme chez Proust...), dans lequel le processus narratif entraîne le lecteur vers les profondeurs de la psychée, entre mémoire et non-dit, et le foisonnant Maréchal absolu, portrait d'un dictateur presque parodique, s'il n'était à la fois révélateur d'une essence du politique, et plus ambigu que son costume ne le laisse paraître...