Publié le 03/09/2019

Denis Grozdanovitch, lauréat du Prix Saint-Simon 2019

Le 44e Prix Saint-Simon est décerné à Denis Grozdanovitch, pour son ouvrage Dandys et excentriques : les vertiges de la singularité , paru aux éditions Grasset.

Le prix Saint-Simon est un prix littéraire français, fondé en 1975 à l'occasion du tricentenaire de la naissance du mémorialiste Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, récompense chaque année un volume de mémoires (souvenir, journal, récit autobiographique ou témoignage). 

Le jury du Prix Saint-Simonsous la Présidence de Marc Lambron, de l’Académie française, a décerné le 20 juin 2019, le 44e Prix Saint-Simon à Denis Grozdanovitch, auteur de Dandys et excentriques publié aux Éditions Grasset.

Comme le souligne Jean-François Bège, le président des Amis de La Ferté-Vidame :

« Sa grande gentillesse comme sa longue fréquentation des courts les plus prestigieux lui ont valu d’être surnommé l’écrivain du bon et du rebond. »

Ancien champion de France de tennis espoir, joueur de courte paume dix fois titré, joueur d’échecs passionné, le très talentueux Denis Grozdanovitch a été distingué à l’Institut de France par le jury du Prix Saint-Simon présidé par Marc Lambron.

Cette récompense couronne le livre « Dandys et excentriques : les vertiges de la singularité » renfermant des Mémoires qui ne disent par leur nom.

Par une suite de portraits, débordant souvent d’humour, l’auteur raconte en effet sa vie mine de rien, en décrivant avec soin et bienveillance – une différence notable avec Saint-Simon ! – les personnages originaux qu’il lui est arrivé de croiser.

Le Prix lui a été attribué le jour anniversaire, par hasard, du serment du jeu de paume.

Ce prix doté d'une bourse de 5 000€, sera remis officiellement le dimanche 8 septembre 2019 lors de La fête des livres à La Ferté-Vidame (28).

Le jury du Prix Saint-Simon est composé : Gabriel de Broglie, de l’Académie française, Président d’honneur, Marc Lambron, de l’Académie française, Président du Jury, Nathalie de Baudry d’Asson, Jean-François Bège, Président des Amis de La Ferté-Vidame, Martine de Boisdeffre, Patricia Boyer de Latour, Jean-Michel Delacomptée, Jacques Dussutour, maire honoraire de La Ferté-Vidame, Cécile Guilbert, Laurène L’Allinec, Olivier Marleix, député, Albéric de Montgolfier, sénateur, Louis Petiet, et Daniel Rondeau, de l’Académie française.

 

Dandys et excentriques, Denis Grozdanovitch
Paris : Editions Grasset, 2019
ISBN : 978-2-24686-311-3. - 384 p. - prix : 22 €

Dans ce livre, au prétexte de chercher l’articulation entre le singulier et le multiple, Denis Grozdanovitch en vient à brosser le portrait de quelques excentriques approchés au cours de son existence, et à esquisser le profil de nombreux autres rencontrés au fil de ses lectures. Cette énumération est, selon sa manière habituelle, farcie d’anecdotes. Elle donne l’occasion d’examiner les phénomènes de l’excentricité et du dandysme au sens ordinaire et de découvrir, au passage, que les deux attitudes sont souvent  antithétiques.
Cependant, ce livre offre surtout l’opportunité de déceler chez beaucoup d’artistes, d’écrivains ou de figures publiques notoires (du passé et du présent), ce qu’il nomme un dandysme minimaliste, c'est-à-dire un dandysme non flamboyant et plutôt dédié à une sorte de repli hautain dans l’ombre et le secret - à l’image du personnage de Huysmans, des Esseintes, lequel passe du dandysme classique à une attitude de retrait mondain.
A travers ces évocations, se dégage une dimension morale qui, pour être souvent inaperçue, du fait de sa modération, n’en est pas moins perceptible. Ce livre fait donc allusion bien sûr au phénomène du dandysme classique (Brummel, Oscar Wilde, Huysmans, Baudelaire, Barbey d’Aurevilly).
Cette galerie commence par évoquer les figures de nombre d’excentriques japonais et chinois – adeptes du taoïsme et  du zen – puis enchaîne sur celles de personnages occidentaux tels que le philosophe Wittgenstein, Henri-Frédéric Amiel, Léautaud, Charles Albert Cingria, Verlaine, Rimbaud, T.E. Lawrence, Corto Maltese, Don Quichotte, Lord Byron, le comte Potocki, le Prince de Ligne, Casanova, Borges, Drieu la Rochelle, Maurice Ronet, Arthur Cravan, Albert Cossery, Duchamp, Andy Warhol, Fernando Pessoa, Bartleby, Hemingway, Fitzgerald, Henry Miller, Allan Bloom, Cyrano de Bergerac et quelques autres…
Viennent ensuite des pages consacrées au dandysme féminin où apparaissent les figures de Mme du Chatelet, George Sand, Colette, Karen Blixen, Anne-Marie Schwarzenbach, Virginia Woolf, Vita Sackville West, Rachel Bespaloff, Gabrielle Roy, Louise Brooks et Alexandra David Néel.
Comme dans les précédents ouvrages de Denis Grozdanovitch, alternent ici les passages relativement méditatifs avec les portraits vécus -  lesquels sont autant de récits ou de nouvelles intégrés à l’ensemble.
D’une façon générale le livre se présente comme une dérive au long d’un même thème et s’efforce d’éviter le piège du didactisme trop appuyé ou de l’exposé académique.