Conférence de Éric Chauvier, anthropologue et romancier

mardi 4 décembre, 20h30 à Huismes (37)

Dans le cadre de son cycle de conférences sur la vie quotidienne et l’actuel, l’Association Alcofribas@Seuilly vous invite à la Maison Max Ernst pour une conférence-entretien avec l'anthropologue et romancier, Éric Chauvier autour de son ouvrage La Petite ville paru aux éditions Amsterdam.

Auteur de nombreux et remarquables ouvrages parmi lesquels figurent, entre autres, Anthropologie de l'ordinaire, Les métropoles du désir, Anthropologie, Contre Télérama , Éric Chauvier alterne et mêle travaux de recherches et romans.

Dans son ouvrage La Petite ville, Éric explore la cité où il est né, hier encore pleine de vies et d'activités, et qui traverse aujourd'hui  une terrible crise. Comme Chinon et tant d'autres modestes centre urbains, c'est une ville (son nom est Saint-Yrieix-la-Perche) qui connait un inéxorable déclin et dont les symptômes apparaissent à tout promeneur: désertification commerciale du centre-ville, immeubles et appartements à vendre en nombre important, grandes surfaces qui prospèrent à la périphérie, piscine municipale et gymnase qui ne sont plus très bien entretenus,... Eric CHAUVIER dresse un constat-quasi clinique- de la pathologie urbaine qui touche sa ville natale...une petite ville.

 

La Petite ville, d'Éric Chauvier 
Editions Amsterdam, 2017 - ISBN 978-2-354801-57-1. - 108 p. - 10€

Depuis la fermeture de son abattoir, de sa mine d’or et de ses usines, la petite ville de Saint-Yrieix la Perche, située en Haute Vienne, connaît une déprise démographique et économique. Les mutations du capitalisme ont produit une ville sans qualité. Dans une enquête anthropologique où se mêlent mélancoliquement l’histoire intime du narrateur et l’histoire sociale des habitants de Saint-Yrieix, Éric Chauvier revient sur les traces de son enfance.

« C’est ici, sur une carte mentale, la mienne probablement, dans un nœud de mémoire, à Saint-Yrieix la Perche, petite ville française du sud du département de la Haute-Vienne, que je suis né (Une nuit de neige et de vent, je m’en souviens comme si c’était hier), le 17 novembre 1971, dans une chambre de la maternité de la ville. Tout au long du xxe siècle naissent en ce lieu des milliers d’Arédiens – le nom donné aux habitants de Saint-Yrieix la Perche, étymologiquement référés à Arédius, le saint qui, dit-on, fonda la ville (Ton père était venu à la maternité avec tes grands-parents…). Mais aujourd’hui ce temps est révolu (C’était une nuit très froide), car ce lieu prévu pour donner la vie (Il y avait des congères le long des routes), comme la plupart des usines, comme l’abattoir, comme les magasins du centre-ville, comme les enfants courant dans les rues, criant, riant, explorant ce monde – qui va bientôt disparaître –, a disparu à jamais. »